Jose Luis Guerin

Filmographie :

2015 L’Accademia delle Muse (essai) 92 min

2015 Le Saphir de Saint Louis (doc) 35 min

2011 Recuerdos de una mañana (doc) 47 min
 2011 Dos cartas a Ana (doc) 28 min
 2011 Correspondance Jonas Mekas – JL Guerin (9 lettres vidéo) 
 2010/11 Guest (doc) 2h07
 2007 Dans la ville de Sylvia (fiction) 1h24
 2007 En la ciudad de Lotte (court métrage) 
 2006 Mujer esperando al tranvía (court métrage) 
 2006 Tren Estrasburgo: Paris (court métrage) 
 2001 En construccion (doc) 2h05
 1997 Le spectre de Thuit (essai doc) 1h28
 1990 Innisfree (doc) 1h50
 1986 Souvenir (doc) 5min
 1984 Los motivos de Berta (doc) 1h55

« C’est avec le film En construcción (2001 : premier documentaire primé aux Goyas) que José Luis Guerin (Barcelone, 1960) se fit connaître du grand public. Ce film (quatrième long métrage du cinéaste) nous plonge dans le cœur du Barrio Chino de Barcelone en pleine réforme urbanistique ; José Luis Guerin filme la transformation humaine qu’engendre cette transformation urbaine. Dès sa sortie en salle, En construcción connut un grand succès auprès du public comme des professionnels. Depuis 1992, avec El Sol del membrillo (Le songe de la lumière, 1992) de Víctor Erice, le documentaire espagnol n’avait pas autant fait parler de lui. Suite au succès de ce film (inattendu pour un documentaire), une grande partie des cinéphiles et de la critique découvrit les films antérieurs du cinéaste : Los motivos de Berta, fantasía de pubertad (1983) ; Innisfree (1990) et Tren de sombras, el espectro de le Thuit (1996).

C’est dix-huit ans plus tôt, en 1983, qu’apparut un film insolite dans le panorama du cinéma espagnol de l’époque (noir et blanc, plans fixes, histoire minimale): Los motivos de Berta, fantasía de pubertad. Le film suit l’évolution d’une adolescente (Berta) qui vit dans un petit village de Ségovie, province au paysage plat, infini. Ce film eut un large succès critique et fut considéré comme le premier film du cinéaste (bien que, dès 15 ans, José Luis Guerin réalisa une douzaine de films de facture expérimentale dont seulement deux furent commercialisés). Cinq ans plus tard, en 1988, José Luis Guerin part en Irlande, sur les pas de John Ford et du tournage de The Quiet Man (1951). Innisfree (1990) examine la formation d’une mémoire collective, celle des habitants du village irlandais où John Ford, John Wayne et Maureen O’Hara apparurent le temps d’un tournage. Les protagonistes du film de John Ford (déjà morts), en récupérant ce temps perdu du tournage de The Quiet Man viennent occuper les espaces qu’ils avaient habités quarante ans auparavant. En examinant quelques (faux) films familiaux Tren de sombras fait revivre un temps perdu. Ce film complexe et ambigu (sorte de « documenteur ») sous une apparence simple (des films de famille en noir et blanc et muets) déconcerta une grande partie de la critique et du public. De la sorte, ce film peut souvent être présenté comme un documentaire (projeté au festival Cinéma du Réel à Paris en 2005) et comme un film fantastique (le film obtient le Méliès d’or et d’argent de la Fédération européenne des festivals de films fantastiques).

Ainsi entre 1983 et 2001 José Luis Guerin réalise quatre longs métrages (fictions, documentaires narratifs -ou de création-, fake) dans lesquels il mêle les écritures cinématographiques, les temps, les mémoires. Devant la difficulté de cataloguer l’œuvre du cinéaste, les critiques s’accordaient tous (en 2001) sur un même point : José Luis Guerin était considéré (avec Víctor Erice) comme un cinéaste au processus créatif lent.

Pour échapper à cette étiquette, en 2007, José Luis Guerin offrit aux spectateurs trois œuvres réalisées dans différents formats mais s’intéressant toutes trois au même motif, celui de la femme inaccessible. De ces trois œuvres, celle qui sera le plus largement connue du public est sans doute le long métrage Dans la ville de Sylvia (fiction tournée avec Pilar Lopez de Ayala et Xavier Laffite dans les rôles principaux) qui étoffe le projet Quelques photos dans la ville de Sylvia et le fera voyager à travers le monde. À l’occasion de ses invitations dans de nombreux festivals, il réalise Guest. En 2009, il entame une correspondance filmée avec le réalisateur américain d’origine lituanienne Jonas Mekas. Cette correspondance fit d’ailleurs l’objet d’une exposition au Centre Pompidou en 2013.

En 2015, Jose Luis Guerin répond à une commande du festival du film de La Rochelle autour de la Cathédrale Saint Louis qui donnera le documentaire « Le Saphir de Saint Louis » qui mène une belle carrière en festivals et sera diffusé par Ciné+. Il achève également le long métrage « L’académie des Muses », expérience philologique étonnante (présenté d’abord à Locarno, le film obtient la boussole d’or au festival de Séville et fait actuellement le tour des festivals internationaux. Il sortira en salle en France en avril 2016). »

Texte original de Myriam Mayer pour le site CinEspagne ; merci à elle.

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